Hi!
je suis Stef Art
EN PREMIER LIEU,
QUI ES-TU ?
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Stef, 42 ans et deux enfants. C.E.O d’AQUASSAY la semaine je peins, je chante, j’écris le week end… un contre poids en quelque sorte.
D’aussi loin que je me souvienne je dessine… la guitare ça fait un moment que ça dure maintenant aussi. Un jour j’espère ne faire plus que cela peindre, écrire, chanter…
ET SI ON PARLAIT
DE PEINTURE ?
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Bah… C’est un peu ambigu, La Peinture avec un L et un P majuscules dont les experts dissèquent, éventrent chaque fibre, ça n’a pas d’intérêt pour moi d’en parler. Je n’ai et ne veux pas de compétences techniques dûment certifiées m’autorisant à assener les vérités de quat’ sous avec un ton doctoral, disant Watteau ceci, ergotant Dali cela. Watteau, Dali, Escher, Kandinsky… ont du génie ! C’est un fait. Personnellement je cherche pourquoi, comment, ils parviennent à gifler mon âme.
La peinture est pour moi un besoin, une évidence, une fatalité, un exutoire. Je ne crois pas à un éventuel don de peinture venu du ciel. La peinture c’est du travail (ça fait trente ans que ça dure) et de la persévérance. Peut-être qu’à force d’efforts et aidé par la chance le miracle continuera-t-il de s’opérer.
COMMENT ÇA LE MIRACLE ?
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Honnêtement j’ai vraiment l’impression que parfois ça tient du miracle. C’est très difficile à expliquer. C’est une jouissance extraordinaire de simplement étaler des pigments sur du lin et de voir la chair surgir, la colère rugir. J’ai lu sur un site Internet une phrase qui m’a marqué : » La couleur est le sang de la toile « . C’est exactement cela. La vie d’une toile ne provient que de la juxtaposition de pigments. Et pourtant c’est infiniment plus complexe que cela.
Philippe Djian m’a convaincu que pour la littérature c’était la même chose. Il écrit dans Ardoise : » La Beauté d’une phrase ne tient pas à la beauté de ses mots, mais à l’harmonie qui s’opère entre les uns et les autres. Et il n’y a pas d’harmonie sans rythme sans tempo. « . Il évoque une musique qui est cachée derrière la simple juxtaposition des mots. Et bien je cherche derrière le simple étalement des couleurs à obtenir l’émoi de l’observateur.
Imagine qu’un jour on puisse exposer dans le métro. Si des personnes s’arrêtaient deux secondes dans ce monde de fous pour observer une image et écouter en eux-même. Si j’avais fait cette image, j’aurais atteint mon but. Je ne veux pas savoir si c’est beau je veux savoir si ça touche. La beauté n’est qu’un moyen de trouver l’émotion. Quelque part la forme dessinée n’est qu’une excuse à la peinture, comme le sujet d’un roman n’est qu’une excuse à l’écriture, la seule chose qui compte vraiment c’est le style, la symphonie qui est cachée derrière l’évidence.